L’argent dans le couple: quand on aime, on compte !

“C’est moi qui gère les finances de la famille” : Pauline, 47 ans, mariée, deux enfants
Je m’occupe de tous les papiers. Cela me prend du temps mais ça me convient d’avoir le contrôle des finances. Je sais où on en est, je suis autonome même si on en discute ensemble. Cette répartition s’est imposée comme une évidence car je suis nettement plus organisée que mon mari, qui est artiste. Pour l’instant, il contribue aux dépenses familiales à hauteur de 10 à 20 %. Il réinvestit la majeure partie de ses gains dans son art. Parfois, nous nous disputons car je lui reproche de ne pas participer suffisamment aux dépenses de la famille. Nous abordons ce sujet 4 ou 5 fois par an, surtout lorsqu’il y a des grosses dépenses (vacances, réparations…) et que je commence à stresser.

“Les femmes oublient de préserver leurs propres intérêts”: Héloïse Bolle, conseillère en gestion de patrimoine*
Autrefois, avec les mariages d’intérêt, les discussions portant sur l’argent étaient tout a fait assumées. Aujourd’hui, on n’ose pas polluer une histoire d’amour en évoquant ces contingences matérielles. Pourtant, c’est important d’en parler car l’organisation financière entre les conjoints est parfois le révélateur d’une relation déséquilibrée, où l’un cherche à dominer l’autre, où celui qui gagne le moins risque de se retrouver piégé dans une situation précarisante. Les femmes qui perçoivent des revenus inférieurs à ceux de leur conjoint ou qui travaillent à mi-temps pour s’occuper des enfants oublient souvent de préserver leurs propres intérêts. Elles financent uniquement les dépenses courantes quotidiennes en laissant leur conjoint payer les traites de la maison. Elles sont nombreuses également à laisser leur mari ou compagnon gérer les gros investissements ou remplir la déclaration de revenus. Et bien souvent, à l’heure de la séparation, elles n’ont rien mis de côté.*auteur de « Les bons comptes font les bons amants » , Le Cherche Midi 2019