J’ai cru à une mauvaise plaisanterie, une tactique pour me faire céder.
Mais il est reparti. Il m’a laissée là, sur le bord de la route, sans téléphone, sans mes affaires, sans un centime en poche… et sans mes enfants.
Je me suis effondrée sur un banc public. Les larmes qui ont coulé n’étaient même plus de la tristesse ; c’était mon corps qui capitulait, vidé de toute énergie.
L’inconnue au manteau crème
Je ne l’avais pas vue approcher.
Une femme d’un certain âge, d’une élégance remarquable, portant un manteau clair et des lunettes noires, le dos parfaitement droit. Elle m’a observée avec une intensité troublante, comme si elle lisait le chapitre entier de ma vie à livre ouvert.
— Arrête de pleurer. Les larmes ne réparent jamais rien.
Puis elle a ajouté, d’une voix calme mais ferme, qui ne laissait place à aucun doute :
— Tu veux qu’il le regrette ? Vraiment ? À partir d’aujourd’hui ?
Je l’ai regardée, bouche bée, complètement stupéfaite.
À cet instant précis, une Mercedes noire s’est arrêtée le long du trottoir. Un chauffeur en tenue impeccable en a ouvert la portière arrière. La femme a ajusté le nœud de son écharpe d’un geste précis.
— Fais comme si tu étais ma petite-fille.
Et sans me laisser le temps de protester ou de poser une question, elle a indiqué au chauffeur :
— Elle monte avec nous.
Le salon, la tasse de porcelaine… et la révélation
Intérieur chaleureux et raffiné d’une maison, évoquant un refuge sûr
Une demi-heure plus tard, je me retrouvais dans un vaste salon au luxe discret et apaisant, une tasse de porcelaine fine entre les mains. J’avais l’impression d’être un personnage secondaire égaré dans le scénario de la vie d’une autre.
Elle m’a scrutée longuement, avant de poser LA question, celle qui touche au plus profond :
— Comment as-tu pu accepter qu’un homme te traite de cette façon ?
J’ai baissé les yeux et j’ai murmuré l’excuse que tant de femmes répètent, persuadées de préserver leur foyer coûte que coûte :
— À cause des enfants…
