Ce retour chez sa mère en Bretagne n’est pas un choix de confort, mais une façon d’éviter l’impayé de loyer et la spirale de l’endettement. Son budget se résume désormais à cette allocation, une aide familiale et quelques économies, dans un contexte où le marché de l’emploi laisse peu de place aux plus de 55 ans. Elle raconte avoir multiplié les candidatures pour des postes modestes : “J’ai postulé pour être caissière et même récemment pour un travail de vendeuse de fromages pour Noël et je n’ai pas été retenue”, poursuit-elle.
Seniors NER : une zone grise avant la retraite
Le cas de Gwenaelle s’inscrit dans un phénomène massif : les personnes classées NER, pour “Ni en emploi, ni à la retraite”, ne perçoivent ni salaire ni pension alors qu’elles ont souvent cotisé pendant des décennies. Entre 55 et 65 ans, ces trajectoires se multiplient, dans un entre-deux où l’on attend l’âge légal sans perspective réelle de reprise d’emploi.
Le recul de l’âge de départ, les carrières hachées, les problèmes de santé ou de handicap, mais aussi le découragement face à un marché du travail fermé aux plus de 55 ans tirent ces seniors vers l’inactivité et les minima sociaux. Selon la DREES, un tiers des seniors sans emploi ni retraite vivaient sous le seuil de pauvreté en 2015, et ils sont majoritairement des femmes, souvent moins diplômées.
