À 55 ans, on imagine plutôt boucler ses dernières années de travail, aider les enfants devenus grands, peut-être rêver à une petite maison à soi. Pas ouvrir son relevé de compte en se demandant comment payer le prochain loyer, ni jusqu’à quand le propriétaire acceptera de patienter.

Derrière cette angoisse se cache une réalité qui touche des centaines de milliers de Français : les seniors ni en emploi ni à la retraite, qualifiés de “NER”. En 2021, 16 % des 55-69 ans se trouvaient dans cette situation, et cette part grimpe à près de 28 % à 61 ans. Entre 55 et 61 ans, 21 % des personnes se retrouvent sans emploi ni pension, plongées dans un “sas de précarité” où les revenus chutent alors que les charges restent. L’histoire de Gwenaelle Chauvin illustre crûment ce basculement, comme le rapporte Pleine Vie.

À 55 ans, Gwenaelle ne peut plus payer son loyer

En septembre 2025, la vie de cette quinquagénaire bascule lorsqu’elle se retrouve au RSA, soit 580 euros par mois pour tout faire tenir. Après trente ans de travail, de cotisation et d’éducation de ses enfants, elle pensait encore pouvoir rebondir. “Pour moi, RSA, c’était un gros mot. Je n’y étais pas préparée. Comment vivre avec 580 euros ? C’est venu progressivement. Courant août 2025, j’ai cru encore que j’allais rebondir. Puis ma mère m’a dit : ‘tu rentres en Bretagne.’ Après trente ans de travail, de cotisation, d’éducation de mes enfants, j’ai pris cette décision en quelques heures seulement”, explique Gwenaelle Chauvin à Pleine Vie. À court de solutions, elle choisit de quitter son logement, incapable de continuer à payer son loyer.